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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 23:13

latribune.fr  |  16/12/2013, 7:25  - 

                                    

"Je proposerai que pour tous les nouveaux entrants, le statut à vie ne soit garanti que pour les fonctionnaires exerçant des fonctions régaliennes." C'est ce qu'a déclaré l'ancien ministre du travail Xavier Bertrand (UMP), au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

"Il faudra garantir les 21 ans de sa retraite"

Selon l'actuel maire de Saint-Quentin, cela permettrait de réduire la dépense publique. de manière immédiate.

Quand vous recrutez un fonctionnaire (...) vous savez pertinemment qu'il faudra aujourd'hui pendant 42 ans garantir son traitement, mais aussi qu'il faudra garantir les 21 ans de sa retraite et parfois même si c'est un homme, les 10 ans de pension de réversion de sa veuve.

"Il n'est pas possible de garder les six derniers mois pour le calcul de la retraite"

Et Xavier Bertrand a également exprimé son souhait de revenir sur le mode de calcul des retraites. "Il n'est pas possible de garder les six derniers mois pour le calcul de la retraite alors que dans le privé, c'est les 25 meilleures années."

Et d'après lui, il faudrait aussi "engager le passage de 62 à 65 ans (NDLR : de l'âge légal, ), ce qui fera chaque année 9 milliards d'euros" d'économie.

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 22:55

Challenges >Economie>

Le gouvernement va instaurer une prime variable qui dépendra de l’engagement professionnel et de la manière de servir des fonctionnaires. Les syndicats crient au scandale. Il n'y a pas de quoi.

Le mérite individuel aura-t-il enfin droit de cité chez les fonctionnaires? Le gouvernement s’apprête à publier le décret officialisant le nouveau régime de primes de ses agents. Il sera composé d’une part fixe liée à la fonction occupée et d’une part variable, liée "à l’engagement professionnel et à la manière de servir", et basée sur un entretien personnel.

Les modalités d’application restent toutefois encore imprécises. Un projet de circulaire a été présenté, le 22 janvier, aux syndicats… qui ont claqué la porte avant la fin de la réunion. Pourtant, ils n’ont pas vraiment de quoi s’inquiéter : la valorisation de la performance individuelle, honnie par les centrales, n’est clairement pas au centre de la réforme.

La rémunération au mérite dans la fonction publique est une vieille lune. Déjà en 1946, Maurice Thorez, patron du Parti communiste et ministre de la fonction publique, déclarait: "il est essentiel que la notation exprime la valeur réelle et inégale des agents". Puis, un décret de février 1959 devait en théorie permettre de moduler les primes. Dans les faits, il n’a jamais été appliqué.

Le flop de la prime Sarkozy-Woerth

La tentative la plus récente a été menée par Nicolas Sarkozy et son ministre du budget, Eric Woerth. Mais leur Prime de fonction et de résultat (PFR), instaurée en 2008, a fait un bide complet. A peine 70.000 agents sont concernés par ce régime destiné avant tout aux cadres. Surtout, il n’est pas pleinement utilisé. En théorie, la part variable devait représenter 40% de la PFR.

"Dans les faits, la part vraiment liée aux résultats individuels des agents oscille à peine entre 3 et 5%, 10% dans les cas vraiment exceptionnels", décrypte un haut fonctionnaire. Et cela ne risque pas de grimper avec le nouveau système préparé par le gouvernement : la part théorique du variable est d’ores et déjà plafonnée à 15% pour les cadres de catégorie A au lieu de 40% (25% pour certains postes plus élevés dits A+).

Un système pas assez motivant

Comment expliquer de telles réticences? Il y a d’abord un problème culturel et idéologique: une grande partie des agents et des directeurs restent hostiles au principe même du mérite individuel. Une question de moyens ensuite: "la PFR a souffert d’un manque de crédits budgétaires qui auraient permis d’accorder des sommes significatives aux agents les plus méritants, explique un directeur. Faute de moyens, le système n’est pas très motivant."

La PFR était censée remplacer les quelques 1.700 régimes indemnitaires qui coexistent au sein de l’Etat. Mais elle a été très diversement appliquée, comme le souligne un rapport d’octobre 2013 réalisé par plusieurs inspections générales ministérielles: "contrairement à l’un des objectifs initiaux qui lui avait été assignés, la PFR n’a pas eu d’effet sur la transparence et l’harmonisation des régimes indemnitaires, puisque chaque administration continue à fixer le niveau indemnitaire des agents en fonction de sa stratégie propre et de sa capacité financière." Certains ministères ont clairement trainé les pieds, comme l’écologie. D’autres ont joué le jeu à l’instar de Bercy et d’Éric Woerth qui se voulait en pointe sur le sujet.

Promouvoir le mérite collectif

Le ministère des finances a d’ailleurs essayé de promouvoir une forme d’intéressement collectif passant par l’attribution d’objectifs plus ou moins chiffrés à chaque service. Mais les sommes mobilisées pour chaque agent ne dépassaient pas 150 euros par an. Difficile de mobiliser les foules avec si peu. Woerth voulait aller jusqu’à 350 euros mais, en échange, il entendait donner le pouvoir aux chefs de service de ne pas accorder cette prime collective à leurs éventuels moutons noirs. Les syndicats, qui redoutent le syndrome du chefaillon, ont dit niet.

Aujourd’hui, le gouvernement souhaite de nouveau promouvoir le mérite collectif. Mais les crédits font toujours défaut. D’autant que Bercy a utilisé le peu de marges de manœuvre disponibles pour augmenter de manière uniforme les agents du bas de l’échelle (catégorie C) : au 1er février, 1,6 millions de fonctionnaires verront ainsi leurs salaires augmenter de 30 euros par mois. 

 

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 22:35

 

ENQUETE-Alors que dans le privé de plus en plus de salariés doivent sacrifier leurs RTT pour sauver leurs emplois, des  privilégiés, surtout dans le secteur public, restent en dessous de la durée hebdomadaire légale.

Les Français travaillent-ils moins que leurs voisins européens ? Oui, si l'on en croit les statistiques. La durée annuelle du travail dans l'Hexagone plafonne à 1.681 heures selon Eurostat, contre 1.864 en moyenne en Europe. Ce n'est guère mieux si l'on prend la durée hebdomadaire habituelle (avec les heures supplémentaires régulières, mais hors congés et RTT). Un concept jugé plus fiable par le ministère du Travail, qui a publié une étude en juillet : les salariés français à temps plein travaillent 39,5 heures par semaine, contre 40,4 dans l'Union européenne, soit un piteux 21e rang sur 27.

Mais, peu à peu, la France rattrape son retard : depuis 2003, la durée du travail remonte, qu'elle soit hebdomadaire (de 38,9 à 39,5 heures) ou annuelle (de 1.621 à 1.681 heures). De nombreuses mesures ont été prises par la droite pour pousser les Français à travailler plus : hausse des contingents légaux d'heures supplémentaires, exonérations sociales et fiscales (abrogées en 2012 par le gouvernement Ayrault), dispositifs de rachat de jours de congés, assouplissement des comptes épargne-temps… Et à la faveur de la crise, de plus en plus d'entreprises privées reviennent sur les accords de RTT. Pourtant, certaines exceptions perdurent : de nombreux salariés continuent à travailler moins de 35 heures par semaine ou à bénéficier de plus de congés, comme l'a pointé la Cour des comptes dans ses rapports. Sans surprise, la plupart appartiennent à la sphère publique.

EDF et le sparadrap des 32 heures

Le gouvernement Jospin en avait fait sa vitrine sociale. L'électricien devait être en pointe sur la réduction du temps de travail. Le PDG de l'époque, François Roussely, a non seulement appliqué les 35 heures, mais il a inventé les "32 heures collectives" : si la moitié d'une équipe est volontaire pour les 32 heures, la direction offre une carotte financière en payant les salariés 34 heures au lieu de 32. Sinon, les volontaires peuvent passer individuellement aux 32 heures, mais en acceptant une baisse de salaire équivalente.

Combien d'agents sont concernés ? Selon le document de référence de 2012, "11,6% du personnel d'EDF et d'ERDF ont opté pour une réduction collective ou individuelle du temps de travail avec une compensation partielle ou pas de perte de salaire". Mais la direction n'a pas souhaité nous répondre sur ce sujet sensible. Depuis la transformation d'EDF en société anonyme et l'ouverture à la concurrence, les 32 heures ne sont plus en odeur de sainteté. Le PDG, Henri Proglio, a lancé d'énièmes négociations pour remettre à plat l'organisation du temps de travail, comme l'y a engagé la Cour des comptes dans un référé publié le 16 septembre. Les magistrats de la rue Cambon dénoncent la complexité du système et le manque de contrôle de la durée du travail (1.500 à 1.548 heures par an), qui reste inférieure à la norme des industries électriques et gazières (1.570 heures).

Ça roule pour les conducteurs de la RATP

Le grand public connaît surtout le régime spécial de retraite des agents "roulants" de la RATP, qui leur permet – jusqu'en 2017 – de partir dès 50 ans. Mais ces derniers ont également l'avantage d'être soumis à un régime de temps de travail très favorable : 33 heures hebdomadaires. La Cour des comptes a également pointé, il y a quelques années, le coût du moindre nombre de jours de présence des conducteurs du métro parisien, en le comparant à Berlin, notamment. Le nombre de jours de présence s'élevait à 177 sur le réseau parisien, contre 191 sur le réseau berlinois. Il semblerait que les choses se soient équilibrées puisque la RATP, interrogée sur les derniers chiffres, indique 190 jours de présence pour 2012. Toutefois, aux dernières nouvelles, le temps de pause reste inclus dans les 33 heures, tout comme le temps de trajet pour "dégarage" le matin ou "garage" le soir. Ce qui n'est pas le cas pour les conducteurs du U-Bahn allemand.

Des aiguilleurs en service 24 heures par semaine

Les contrôleurs aériens ont préservé l'essentiel : un accord sur le temps de travail hebdomadaire de 32 heures, dont pas moins de 8 heures de pauses prises sur place… Pour ce qui est des congés, leurs agendas se sont notablement remplis après un rapport au vitriol de la Cour des comptes. En particulier, les agents ne bénéficient plus, depuis juin 2010, de jours de "clairance". Cet anglicisme cachait un dispositif permettant aux aiguilleurs du ciel de rentrer chez eux si les effectifs étaient suffisants pour traiter le trafic. En pratique, une formidable machine à générer des journées de RTT officieuses. Près de 70 jours par an en moyenne, selon la rue Cambon. Les congés dans les tours de contrôle ont aussi diminué, mais les aiguilleurs en conservent 56 jours. "Ceux-ci ont des contraintes particulières liées aux services 24 heures sur 24 et aux jours fériés", justifie la Direction générale de l'aviation civile. Mais il subsiste un flou sur le nombre total de jours de repos, qui peut varier d'un aéroport à l'autre.

La boîte noire du Parlement

Evaluer le temps de travail des agents de l'Assemblée nationale relève du parcours du combattant. Impossible de parler à un responsable administratif, la communication se contente de courriels lapidaires et la présidence renvoie aux questeurs, qui ne répondent pas. En fait, les agents disposent de leur propre statut défini par un règlement interne. Aucune référence à une durée légale n'y figure. Les horaires et les congés varient au gré des services et des directeurs, la seule règle étant que "le rythme de travail doit en toutes circonstances s'adapter à celui de l'activité parlementaire" : séances le week-end ou la nuit, sessions extraordinaires l'été, mais aussi vacances pour cause d'élections. "Généralement, on bénéficie d'une dizaine de semaines de congés, témoigne un fonctionnaire. Mais les administrateurs ou les agents du service des comptes rendus ont souvent plus de mal à les poser que les secrétaires ou les jardiniers." Contrairement à l'Assemblée, le Sénat, lui, a fini par introduire une référence à la durée légale en 2010, sous l'impulsion du président Gérard Larcher. Mais certains agents bénéficient toujours de 1 à 6 semaines d'allégements en plus des congés payés. En théorie, c'est ensuite aux directeurs de s'assurer que les 1607 heures sont effectuées, que ce soit sur 41 ou 47 semaines.

Congés en pagaille dans les collectivités locales

C'est l'un des charmes de notre folklore local : les élus ont pris la fâcheuse habitude de ne pas respecter la durée légale, censée atteindre 1607 heures par an. La chambre régionale des comptes d'Ile-de-France s'est fait une spécialité de les débusquer. Après avoir épinglé Saint-Ouen et ses 1540 heures annuelles, les magistrats ont récemment ciblé le maire communiste de Nanterre, Patrick Jarry. Dans sa commune, le temps de travail effectif n'atteint en moyenne que 1550 heures. Ses employés bénéficient de 28 jours de congés au lieu des 25 réglementaires, d'une journée du maire, d'une autre au titre de la Journée de la femme (pour le personnel féminin uniquement!), des jours selon l'ancienneté, sans oublier des petits bonus : 8 jours pour un mariage, 3 pour celui des frères et sœurs et 1 pour les autres membres de la famille. Bien sûr, ces pratiques ne sont pas l'apanage des élus franciliens. Au conseil régional de Languedoc-Roussillon, dirigé jusqu'en 2010 par feu Georges Frêche, le temps de travail effectif a plafonné à 1560 heures entre 2005 et 2009 en raison de l'attribution de 6 jours de congés exceptionnels "de manière à prendre en compte de façon équitable et globalement cohérente les sujétions et contraintes du personnel de l'administration régionale".

L'exception parisienne

C'est une exception peu connue : les fonctionnaires de Paris – à la fois ville et département – disposent d'un statut à part des autres collectivités. Mais tout aussi avantageux en matière de temps de travail. Héritage des années RPR, la ville accorde 8 jours de congés supplémentaires dits "du maire" et "d'hiver" ainsi qu'un neuvième aux mères de famille pour la Fête des mères. Résultat : la durée du travail oscille entre 1525 et 1550 heures par an. Et encore, ce maximum ne concerne que 40% des agents. Les autres ont droit à des "contreparties horaires" pour "sujétions particulières", selon un accord conclu par Bertrand Delanoë en 2001. Ainsi, les 250 égoutiers de la ville ne travaillent que 32 heures pour des raisons de pénibilité, et les éboueurs 33 heures. Des filières plus "tranquilles" en profitent aussi, comme les agents des piscines (33 heures), des bibliothèques ou des musées (34 heures), contraints d'être là le soir ou le week-end. Le personnel des crèches (34 heures) est aussi privilégié, car il est au contact des enfants. La mairie assume cette politique, "qui correspond aux valeurs de la ville", mais assure tenir la masse salariale. "Elle pèse 30% du budget, plutôt moins que dans les autres collectivités et les effectifs sont stables depuis 2008", justifie le DRH, Thierry Le Goff.

Les tournées express des éboueurs

Il porte bien son nom. Le "fini-parti", en vogue dans les services de collecte des déchets, permet aux agents de quitter leur poste dès lors que la tournée est achevée. Un système coûteux, jugé sévèrement par la Cour des comptes en 2011 : "Il encourage parfois une mauvaise qualité du travail rendu, augmente le risque d'accidents et consacre une certaine iniquité par rapport aux autres agents municipaux."

A Marseille, on le rend responsable de la saleté des trottoirs. "Mon éboueur démarre à 5 heures et part à 9 heures en faisant la moitié du travail, grogne un élu. Et il complète ses fins de mois en tenant le bar du coin!" La communauté urbaine assure s'être attaquée au problème : hausse du nombre de tournées, mise en place de GPS sur les engins et contrôle accru des agents. "Mais le temps de travail n'a pas augmenté et la collecte est aussi mal faite", peste un agent municipal.

Le "fini-parti" pose aussi problème à Lyon. En 2012, le vice-président de la communauté urbaine, Thierry Philip, a mis les pieds dans le plat : les rippeurs, qui manipulent les bacs et les conteneurs, ne travailleraient en moyenne que 800 heures par an et les chauffeurs 1.200 heures, ce que contestent les syndicats. Depuis, la direction marche sur des œufs. Elle promet une remise en plat d'ici à 2014 : "Une étude ergonomique devra permettre de mieux appréhender la pénibilité de ces métiers et d'identifier des scénarios d'évolution des cycles de travail intégrant la fin du “fini-parti”."

La Macif assure

Les cadres de la mutuelle font incontestablement figure de privilégiés au sein du secteur privé. La plupart des entreprises se sont alignées sur un régime de 35 heures et 25 jours de congés accompagnés de RTT pour les cadres au forfait; leur nombre est plus élevé dans les grands groupes, jusqu'à un maximum de deux par mois. La Macif, elle, offre un statut particulier, confirmé par un contrat d'entreprise en 2006. Fait rarissime, cette convention prévoit une base de seulement 31h30 pour les employés. Les cadres, eux, travaillent bien 35 heures par semaine, mais… ils profitent aussi de cet accord. Résultat : 22 jours de RTT leur sont octroyés pour compenser cette différence de temps de travail. Avec leurs 28 jours de congés payés, ils disposent donc de 10 semaines de repos par an. Les non-cadres, avec leurs 31h30 par semaine, doivent se contenter de "seulement" 26 jours de congés payés. Les concurrents directs ne sont pas aussi généreux. Ainsi, la Maif applique le régime normal et n'accorde que quelques jours de repos sur les années anniversaires de présence dans l'entreprise : 5 jours pour la dixième année d'ancienneté, 10 jours pour les 20 ans et 15 pour les 30 ans.

David Bensoussan et Jean-Baptiste Diebold

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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 08:45
lefigaro.fr

 

 

INTERVIEW - Malika Sorel-Sutter, spécialiste des questions d'intégration, décrypte la nouvelle feuille de route du gouvernement avec 44 propositions pour lutter contre les discriminations.

 

Malika Sorel-Sutter est ancien membre du collège du Haut Conseil à l'Intégration et de sa mission Laïcité. Elle est administrateur de l'association de Défense et de géopolitique Géostratégies 2000. Elle est notamment l'auteur d'«Immigration, intégration: le langage de vérité». Fayard/Mille et une nuits, 2011

Les 5 rapports sur l'intégration remis au Premier ministre en décembre 2013 avaient suscité un tollé. Itélé a révélé ce mercredi soir la nouvelle feuille de route du gouvernement avec 44 propositions pour lutter contre les discriminations. S'agit-il d'un projet réellement nouveau ou d'un retour aux rapports qui ont fait scandale en décembre 2013?

Malika Sorel-Sutter: L'habillage est différent, mais la philosophie est la même. Elle consiste à attribuer la responsabilité de l'échec de l'intégration aux Français qui entraveraient la réussite des immigrés et de leurs descendants et c'est à ce titre qu'il convient de lutter contre les discriminations. La feuille de route s'ouvre en rappelant qu'elle vient après le rapport Tuot et les cinq rapports remis au Premier ministre et qu'elle s'inscrit, en quelque sorte, dans la continuité. C'est une manière de rappeler sa filiation. C'est bien la preuve que, contrairement aux dénégations qui avaient été formulées en décembre par le pouvoir politique, la publication des cinq rapports sur le site de Matignon correspondait bien à une intention politique de fond.

«La décision d'autoriser ou non le voile reposerait désormais sur les épaules des chefs d'établissements.»

Dans cette feuille de route, on retrouve notamment ce qui avait choqué dans les cinq rapports au sujet de l'enseignement des langues étrangères, alors qu'il faudrait se focaliser sur la transmission de la langue française. Nous savons en effet que c'est l'une des raisons majeures de la sur-représentation des enfants de l'immigration dans l'échec scolaire comme en attestent, une nouvelle fois, les dernières enquêtes Pisa et comme cela est également mentionné dans la feuille de route. La langue participe aussi, par ailleurs, à la transmission de la culture.

Les précédents rapports prévoyaient de revenir sur l'interdiction du port du voile à l'école. Qu'en est-il de cette mesure?

L'abrogation de la loi de 2004 sur l'interdiction du voile à l'école n'est plus mentionnée, mais la feuille de route s'aligne sur la décision récente du Conseil d'État qui consiste en quelque sorte à abroger la loi Chatel sur l'accompagnement des mères voilées dans le cadre des sorties scolaires. La décision d'autoriser ou non le voile reposerait désormais sur les épaules des chefs d'établissements. Nous revenons à la case départ, lorsque Lionel Jospin s'était tourné vers le Conseil d'État.

Quelles sont les éventuelles mesures nouvelles? Prennent-elles le contre-pied des précédents rapports?

Les mesures qui n'apparaissaient pas dans les précédents rapports ne sont en aucun cas des mesures qui

«Il y a bien une volonté de surveillance généralisée au travers de plusieurs mesures»

auraient pu prétendre faire partie d'une quelconque politique d'intégration. Ainsi en est-il de la mesure 39 qui consiste à renforcer l'offre publique de médias multilingues, ou encore de la création d'un office franco-maghrébin pour la jeunesse, qui aurait vocation à devenir «un organisme public». De même, la feuille de route mentionne l'«accompagnement individualisé des primo-arrivants par des référents de l'OFII, dans une dynamique d'accès le plus rapide au droit commun (éducation, emploi, logement, droits sociaux…)». Comme chacun sait et comme en atteste le niveau de sa dette, la France est immensément riche!

La feuille de route prévoit notamment des mesures de «testing». De quoi s'agit-il exactement? Existe-t-il un risque de dérive vers un système de surveillance généralisée?

Clairement, il y a bien une volonté de surveillance généralisée au travers de plusieurs mesures dont la mesure 17, qui consiste à effectuer du «testing» auprès des milieux médicaux pour traquer les éventuels refus de soins. De même pour la mesure 26, qui stipule que l'État doit s'assurer que la fonction publique incarne bien «la diversité de la société française dans toutes ses composantes et à tous les niveaux de responsabilité.»

«Des Français de souche européenne seront mis de côté uniquement parce qu'ils ne sont pas de la bonne ascendance biologique. C'est du racisme anti-Français.»

Au sein de l'administration, l'une des pistes développées dans la feuille de route consisterait à «ouvrir et élargir les concours à des populations pour lesquelles la fonction publique reste trop souvent méconnue». Peut-on parler de discrimination positive?

Oui, le pouvoir bascule vers la préférence étrangère. Cela se lit très bien au travers de plusieurs mesures comme, entre autres, la mesure 29: «Cette démarche conduira le gouvernement à promouvoir l'obtention du Label Diversité par l'ensemble des administrations publiques (...). A retenir en particulier: la mise en place de classes préparatoires intégrées, la formation des membres de jury de concours sur les stéréotypes, le développement des recrutements hors concours (...)» De nombreuses mesures sont destinées à donner la préférence aux personnes d'origine extra-européenne. Ce qui se traduira mécaniquement par le fait que des Français de souche européenne seront mis de côté uniquement parce qu'ils ne sont pas de la bonne ascendance biologique. C'est du racisme anti-Français.

Le gouvernement est-il tout simplement en train d'enterrer sans le dire le modèle républicain d'intégration au profit d'un modèle de type multiculturaliste?

Le mot «discrimination» apparaît 73 fois et le mot «droits» 60 fois, tandis que le mot «devoir» apparaît moins de 10 fois. L'axe du rapport est énoncé dans la feuille de route: «il ne doit plus y avoir de confusion entre intégration et immigration». Or, ces deux sujets sont inséparables si l'on souhaite véritablement conduire une politique d'intégration! Nous ne sommes plus du tout dans une approche politique d'égalité des moyens, mais dans une politique d'égalité des droits. C'est la consécration de la déresponsabilisation totale des immigrés et de leurs descendants. Clairement, le modèle français d'intégration, qui prend en compte l'existence d'une identité culturelle française, disparaît. Il convient de permettre à toutes les cultures présentes sur le sol français d'être prises en considération et cela va très loin, puisque la feuille de route veut mettre en route: «le développement d'un dispositif d'observation de la présence des langues des migrants dans les différents secteurs de la vie sociale, économique et culturelle de notre pays».

«Le projet est clairement affiché. Il s'agit de rééduquer les Français en leur inculquant ce que la bien-pensance identifie comme la pensée juste.»

En toute cohérence avec la politique conduite depuis le début de ce quinquennat, un étranger qui foule le sol français est appelé à devenir français quasiment automatiquement. Il n'y a donc plus de processus d'intégration. D'ailleurs, la Direction de l'accueil et de l'intégration a déjà été transformée en Direction Générale des Étrangers en France. Dès l'entrée en matière, la feuille de route rappelle que «La politique de naturalisation a été profondément remaniée» par le biais de «la circulaire d'octobre 2012 et l'instruction de juin 2013 (…) et les décrets d'août 2013 modifiant les conditions d'instruction des dossiers de demandes de naturalisations par les préfectures, en visant une meilleure harmonisation et une plus grande efficacité.» Le Figaro avait récemment fait état dans ses colonnes de l'augmentation des régularisations de clandestins et des naturalisations. Rappelons également que ces circulaires et autres décrets émanent du ministère de l'Intérieur.

Le modèle républicain est pourtant plébiscité par la majorité des français. Comme expliquez-vous ce renoncement? Quel est le projet idéologique du gouvernement?

Le projet est clairement affiché. Il s'agit de rééduquer les Français en leur inculquant ce que la bien-pensance identifie comme la pensée juste. En conséquence, «des plans de formation du personnel éducatif en matière de lutte contre les discriminations devront être déployés». De même pour «les professionnels du secteur médico-social» et «les agents de Pôle Emploi». Nous sommes confrontés à une volonté de changer le peuple au travers du changement en profondeur de tout son référentiel culturel. Il n'y a d'ailleurs pas que dans ce domaine de l'intégration que cette idéologie est à l'oeuvre. Nous la voyons également se déployer dans le registre de l'égalité hommes/femmes avec les fameux ABCD de l'égalité qui ne sont pas autre chose, par certains aspects, qu'une entreprise de lavage de cerveau des enfants. Pour avoir travaillé sur cette question de l'égalité hommes/femmes, je peux dire que, là aussi, le gouvernement fait fausse route.

Face au défi de la mondialisation, notre modèle ne doit-il pas nécessairement s'adapter?

«L'abandon du modèle républicain engage officiellement la France sur la voie de la libanisation.»

En réalité, le modèle d'intégration français n'a jamais vraiment été appliqué pour l'immigration extra-européenne. Depuis les années 80, les élites politiques ont versé dans l'accommodement de nos principes républicains. Peu à peu, Ils les ont vidés de leur contenu, et pour faire diversion ont tout de même continué à s'y référer. En outre, il n'y a eu aucune volonté de réduire de manière drastique les flux migratoires. Or ils constituent l'un des vecteurs principaux du ré-enracinement des enfants de l'immigration dans la culture de leurs pays d'origine. La feuille de route n'aborde absolument pas ce point crucial sur lequel il est urgent d'agir. Alors que ces enfants avaient besoin, plus encore que les autres, de la transmission de la culture française, les ministres de l'Éducation successifs ont le plus souvent engagé des réformes qui se sont traduites sur le terrain, donc entre les murs de l'école, par une dépréciation d'exigences. La droite qui a longtemps gouverné durant ces trente dernières années doit faire son examen de conscience et renouer avec la défense des intérêts de la France et de son peuple. Notre modèle d'intégration garantissait la concorde civile. Son abandon engage officiellement la France sur la voie de la libanisation.

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Published by voxpop - dans La France en résistance
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 17:49

hollande-au-plus-bas-.jpg

Le Point.fr (avec AFP)

 

Selon le baromètre de février TNS Sofres/Sopra group/Le Figaro Magazine publié jeudi, le président de la République plonge encore. Il perd trois points de confiance, tandis que la proportion de ceux qui ne lui font pas confiance augmente de deux points pour culminer à 78 %. 3 % ne se prononcent pas. Encore plus préoccupant pour la majorité, plus de la moitié des personnes interrogées (51 %, + 5 points) ne lui fait "pas du tout confiance

 

François Hollande n'est même plus nettement majoritaire parmi les sympathisants socialistes (49 % lui font confiance, 48 % non). En un mois, il recule de sept points à gauche, sans rien gagner à droite où il reste dans les profondeurs : Seuls 1 % des sympathisants UMP lui font confiance...

Signe de la mauvaise santé du gouvernement, même le ministre de l'Intérieur Manuel Valls dérape. Il perd sept points de cote d'avenir, chutant au niveau de Nicolas Sarkozy (- 1), ex-aequo avec lui.

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Published by voxpop - dans La France en résistance
6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 08:54

Bd  Voltaire

 

Certains en rêvent, d’autres font mine de s’en inquiéter pour mieux organiser la répression. Et si c’était le retour des années 30 ? Et si un nouveau 6 février était dans l’air ? N’en avons-nous pas tous les ingrédients ? Crise économique, incapacité des gouvernements successifs à la juguler, surdité du pays légal, corruption des élites de droite comme de gauche… Mais faut-il le souhaiter ? Ne l’oublions pas, le 6 février fut un échec, ou l’aurait été, plutôt, si un objectif bien défini lui avait été assigné. Or, tel ne fut pas le cas. Ce qui, évidemment, ne retire rien au sacrifice de ceux qui sont tombés, cette nuit-là, « contre les voleurs et le régime abject ».

L’histoire ne se répète pas, et ces manifestations qui se succèdent contre Hollande et le pouvoir socialiste, ce « dégoût » maintenant assumé des Français pour leur classe politique dans son ensemble, qu’a révélé la dernière enquête du CEVIPOF, n’ont ni ligues puissantes pour leur donner une traduction politique ni même trouvé encore de mot d’ordre pour cristalliser la colère autre qu’un « Hollande dégage ! », fourre-tout de tous les mécontentements. Leur éparpillement est l’expression tant du ras-le-bol profond de la société française que de l’incapacité, pour l’heure, à lui trouver un débouché concret.

Pourtant, la crise qui s’annonce est sans commune mesure avec celle des années 30, parce que ce sont la société française et la cohésion nationale qui sont désormais atteintes en plein cœur. À l’augmentation continue du chômage et à la désindustrialisation accélérée du pays s’ajoutent l’immigration galopante, l’inflation préméditée des naturalisations, la baisse drastique des reconduites à la frontière, l’augmentation continue de l’insécurité, l’angélisme judiciaire prôné par les autorités elles-mêmes, la promotion du communautarisme, la destruction méthodique de la famille, l’endoctrinement honteux des enfants au sein de l’école, la banalisation de l’avortement, la promotion de l’euthanasie… Partout où le citoyen tourne son regard, c’est pour assister à la destruction systématique de ses repères fondamentaux — anthropologiques, culturels, religieux, économiques, sociaux —, comme si, avec la complicité passive d’une droite honteuse, idéologiquement passée à l’adversaire, la gauche, avec ce cynisme candide, ce mélange d’idéologie autiste et de mensonge éhonté qui la caractérisent, avait décidé de faire de la société française un champ de ruines. Quant au FN, il semble ne pas toujours comprendre la radicalité des enjeux : passé de la dédiabolisation à la normalisation, il donne parfois l’impression de ne plus aspirer qu’à la respectabilité politicienne. Or, le pays réel attend autre chose.

Si l’avenir du pays ne peut (plus) dépendre d’une émeute, il convient toutefois de méditer la leçon du 6 février 1934 : la capacité d’absorption d’un peuple a ses limites, qu’il s’agisse de corruption, de cynisme, de mensonge et, aujourd’hui, de la destruction systématique de la civilisation qui le fait être. La gauche elle-même commence à s’en apercevoir, d’où son recul, purement tactique, sur la loi anti-famille, après le succès de la Manif pour tous du 2 février. Mais soyons-en certains : elle n’a renoncé à rien. Nul ne sait la forme que prendra la révolte du pays réel. Mais comme, cette fois-ci, c’est sa survie même qui est en jeu, il n’aura plus droit à l’échec. Vaincre sera alors pour lui la meilleure façon d’honorer ceux qui sont morts debout, en citoyens, il y a 80 ans.

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 08:46
Bd Voltaire G. Cluzelle

 

lmpt
Le 6 février 2014
On ne peut continuer à voter pour un candidat qui ne cesse de trahir, même s’il est de sa famille politique naturelle.
            

Alors que, sous la pression de la rue, le gouvernement français battait en retraite et reportait son projet de loi famille, le « rapport Lunacek », du nom de la députée autrichienne écologiste et coprésidente de l’intergroupe LGBT qui en est à l’origine, était tranquillement voté au Parlement européen. Ce texte, qui entend lutter contre l’homophobie et les discriminations liées à « l’identité de genre », comprend notamment « la reconnaissance mutuelle des effets de tous les actes d’état civil à travers l’Union », autrement dit l’obligation faite aux pays réfractaires de reconnaître ce qui a été légalisé par d’autres qu’eux.

Le Monde évoque l’affaire : « La feuille de route anti-homophobie de l’UE qui affole la Manif pour tous ». Cette Manif pour tous, alors, qui s’affole d’un rien ! Des petits êtres émotifs qui démarrent au quart de tour alors que, nous explique Le Monde avec des airs supérieurs, ce « texte qui suscite un grand nombre de fantasmes » n’est qu’une « feuille de route », un « rapport d’initiative », autrement dit pas grand-chose. Ben alors, pourquoi l’a-t-on votée ? Une feuille de route, ce n’est pas une feuille d’impasse, c’est bien pour aller quelque part ?

La « rumeur » s’étant sérieusement rapprochée jusqu’à devenir audible du clampin moyen, on a décidé de déplacer la ligne de front. Au-delà de la frontière, plus personne n’entendra le bruit du canon et on pourra continuer d’avancer. Dans un écran de fumée, le grand brouillard pour tous, car de vous à moi, le Parlement européen, son idiome, ses instances, ses textes pléthoriques, ses bataillons d’élus anonymes, qui a le temps, l’envie et les capacités de s’y intéresser ? Pour mieux revenir, évidemment. Claude Bartolone vient de le dire : sitôt débarrassé de cette plaie que sont les électeurs, sitôt les municipales passées, on remettra l’ouvrage sur le métier. Et si cela renâcle encore dans les rangs, on invoquera l’Europe avec des airs impuissants. Ce que l’Europe veut, Dieu le veut, n’est-ce pas ?

Cette fois, les élus de l’UMP ont marché droit. Assaillis de courriers, dit-on, ils se sont résolus à se désolidariser de leur groupe européen (le PPE), pour voter contre Lunacek. Preuve que la Manif pour tous joue à plein un rôle de garde-fou, de conscience, de contrôle, que lui autorise son indépendance. Mais c’est fatigant. Fatigant de jouer le gendarme qui court avec son bâton derrière un guignol folâtre toujours avide de prendre la tangente. Jusqu’à quand les familles devront-elles défiler dans la rue le dimanche plutôt que jouer au Monopoly ou ramasser des champignons ? Jusqu’à quand devront-elles éplucher elles-mêmes des projets, des feuilles de route, des rapports d’initiative auxquels elles ne comprennent que couic, pour vérifier que leur élu, qui leur a déjà joué des tours pendables, ne leur fait pas un coup tordu ?

La vérité est que l’on ne peut continuer à voter pour un candidat, même s’il est de sa famille politique naturelle, qui ne cesse de trahir en partant du postulat qu’on le tiendra à l’œil, de la même façon qu’une jeune fille de bonne famille ne se marie pas avec un coureur de jupons sous prétexte qu’il est de son milieu en se disant que ce n’est pas grave, elle n’aura qu’à surveiller sa boîte mail. Un Raffarin, cela faisait chic, en mars dernier, sur le podium de la Manif pour tous, mais déjà le monsieur a flanché : il n’y aura pas d’« abrogation » du mariage pour tous en cas de retour au pouvoir de l’UMP, mais une « réécriture ».

Alors si la Manif pour tous a vocation à devenir un garde-fou, elle doit assumer cela, pour être crédible, avec honnêteté, pas avec la facilité d’un conservatisme respectable. Elle doit se garder d’avoir avec l’UMP les indulgences d’une femme trompée qui craint, si elle divorce, de perdre son confort. C’est l’honnêteté de tous les politiques, individuellement, sans souci des clivages, qu’elle doit passer au crible de ses exigences.

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 16:38

 

Pape Diouf est candidat à la mairie de Marseille, alors que François Hollande, qui l'a reçu, souhaitait qu'il rejoigne Patrick Mennucci. Perdu.

   

L'ancien président de l'Olympique de Marseille doit officiellement annoncer sa candidature aux municipales dans la cité phocéenne lors d'une conférence de presse ce mardi à 11 heures. Le Point et Le Canard enchaîné avaient annoncé il y a quatre mois que l'ancien journaliste sportif devenu agent de joueurs puis dirigeant avait été sollicité par Sébastien Barles, le patron d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) dans la capitale phocéenne, afin qu'il soit tête de liste aux prochaines élections municipales à Marseille. C'est désormais chose faite.

Pape Diouf a pris le temps de la réflexion et consulté beaucoup de monde. Il conduira une liste de personnalités issues de la société civile. Elle a d'ores et déjà reçu le soutien du MoDem et d'une partie des écologistes d'EELV en rupture avec la direction nationale. Si EELV a désormais son propre candidat, une importante minorité a décidé de ne pas soutenir le candidat officiel, le député européen Karim Zéribi. À l'instar de Barles et de ses troupes qui se rangent désormais du côté de Pape Diouf. Selon nos informations, Daniel Cohn-Bendit, qui a encouragé Pape Diouf à solliciter les suffrages des électeurs, devrait descendre sur la Canebière pour participer à des meetings communs.

"À part le poste de maire, il lui a tout proposé"

Le MoDem local, représenté par Jean-Luc Bennahmias et Christophe Madrolle, deux anciens Verts, est également favorable à la démarche de Diouf. "Ce n'est pas un candidat du MoDem, mais nous soutiendrons ses listes." Pape Diouf a tenu la présidence informée de sa démarche. Après avoir été reçu par le secrétaire général de l'Élysée, Pierre-René Lemas, il y a quelques semaines, c'est le président François Hollande qu'il a rencontré hier.

Selon les proches de Pape Diouf, François Hollande l'a encouragé à se ranger sous la bannière socialiste en trouvant une place de choix sur les listes de Patrick Mennucci. Mais l'ancien patron de l'OM a décliné l'offre. Comme il l'avait fait quelques semaines auparavant lors d'une rencontre avec le vainqueur de la primaire socialiste. "À part le poste de maire, il lui a tout proposé. Mennucci était désabusé", persifle un camarade de la fédé locale.

Le président de la République s'intéresse de près à l'élection municipale marseillaise. Les responsables du MoDem reçus récemment à l'Élysée ont également eu droit à une discussion sur le sujet. Depuis que Patrick Mennucci a été adoubé par les militants socialistes, les électeurs voient défiler les ministres, et l'État laisse filer les dépenses pour des tas de projets dont certains n'existent que le temps de la campagne des municipales. À l'Élysée, le président de la République avait décoré Pape Diouf de la Légion d'honneur en octobre dernier. Reste à ce dernier à rééditer le coup de Robert Vigouroux qui avait damé le pion aux partis traditionnels pour, une fois élu, se ranger sous la bannière de la majorité présidentielle.

Commentaires

Il est le président des socialistes français, c'est tout

Le président de la République a pour mission de "bien gérer" la France, d'être et de demeurer le président de tous les Français. Il n'a pas à intervenir comme cela dans le choix des candidats des municipales Marseille ou ailleurs.
ce gars-là est président des socialistes français, un point c'est tout. Enfin ce qui lui reste de soutiens socialistes !
Ce n'est pas le mien en tout cas.

 

C'est lamentable

Une partie des Français a élu un politicien qui fait un travail de militant local et non de président de la république

cet homme n'a aucune mission aucune vision pour notre pays ! Sa seule préoccupation c'est de gagner Marseille à la droite pour se pavaner le jour des résultats des municipales même si ailleurs c'est la déconfiture ! C'est encore une de ses combines politiciennes ! On n'en peut plus !

 

 

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 19:27

Atlantico

 

Le début d'année s'avère être très difficile pour François Hollande. Récemment malmené par le recul gouvernemental sur la loi famille, voilà qu'un nouveau sondage vient l'enfoncer. Ainsi, une étude Ifop-Paris Match vient annoncer que la cote de popularité du président de la République subit une baisse de trois points. Ainsi, seulement 23% des personnes interrogées approuvant son action dans le tableau de bord politique. Le chef de l'Etat égale ainsi son plus bas niveau depuis le début de son quinquennat, d'après l'institut de sondage qui ajoute que "le virage de sa politique économique, suggéré par l'annonce du pacte de responsabilité, semble avoir effrayé ses partisans, à l'extérieur comme à l'intérieur de la majorité présidentielle."

Dans le détail, le constat est encore plus inquiétant puisque quelques 30% des sympathisants d'Europe Ecologie-Les Verts approuvent l'action du président de la République, soit une chute vertigineuse de 11 points. En outre, les sympathisants du Front de Gauche ne sont que 25% à aller dans la direction de François Hollande, soit une lourde baisse de 14 points. Par ailleurs, 49% des personnes sondées ont jugé que le chef de l'Etat défend bien les intérêts de la France à l'étranger, soit une baisse de 5 points.

Ce sondage a été réalisé du 31 janvier au 1er février auprès d'un échantillon de 1.007 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 08:33

 

Bd Voltaire

Je suis née en Iran, et j’avais 12 ans, en 1979, quand les ayatollahs ont pris le pouvoir. Je suis à présent française, et j’exprime, chaque fois que je le peux, mon amour de ce pays, de son peuple, qui a souvent montré aux autres le chemin de la liberté.

 

Je suis arrivée en France en 1985, j’avais 17 ans, et je redécouvrais le plaisir de ne plus porter ce voile qu’on m’imposait depuis 6 ans. Mes parents et moi n’avons jamais formulé la moindre récrimination, mais seulement des remerciements à ce magnifique pays, qui nous faisait l’honneur de nous accueillir.

Pour moi, la France, c’est aussi la beauté et la richesse de sa langue, et l’unité de sa République. Ma vision, c’est qu’un Breton se sente chez lui en Alsace, un Marseillais chez lui à Lille, un Basque chez lui dans le Jura, et qu’une Française née en Iran se sente chez elle partout dans l’Hexagone. Cela grâce, entre autres, à l’unité de la langue française sur l’ensemble du territoire.

C’est pourquoi, quand je vois une banderole, en tête de la Manif pour tous, avec ces mots, écrits en français et en arabe : « Les Français musulmans disent non au mariage homosexuel », je suis indignée à plusieurs titres.

Je le suis d’abord par le bilinguisme, dans un contexte où ce gouvernement, en préparant la ratification des langues régionales et minoritaires, veut, pour complaire à l’Union européenne, faire éclater le socle républicain, dont l’unité linguistique est un pilier. Certains régionalistes en seront ravis. Mais il faut être bien aveugle pour ne pas penser que l’arabe sera de plus en plus la deuxième langue dans certains départements français.

Quand je vois des tracts syndicaux ou politiques, voire des textes administratifs rédigés en arabe, je me dis qu’on est bien loin du témoignage du regretté Cavanna qui, dans ses livres, nous racontait que ses parents italiens lui interdisaient de parler leur langue dans la rue et lui imposaient le français. C’était cela, l’assimilation, et c’est ce qui a marché en France pour réussir à intégrer des strates de différentes immigrations, dont j’ai eu l’honneur de faire partie.

Je suis également indignée, en tant que femme, par cette banderole. Quelle crédibilité accorder, pour défendre la famille, à des personnes qui n’ont jamais condamné le mariage polygame, souvent imposé à des mineures ? Ces Français musulmans défendent donc les prérogatives de la famille musulmane, où l’homosexualité n’est pas tolérée, et absolument pas la conception de la famille française, d’une grande tolérance sur cette question.

Mais le pire n’est pas là. J’ai vécu l’enfer que les islamistes ont fait subir au peuple iranien. Je n’oublierai jamais cette Gardienne de la révolution qui, avec une punaise, a planté sur le front de mon amie un voile qui tenait mal. J’ai encore en tête des centaines de scènes de cauchemar, comme ce hammam réservé aux seules femmes, bombardé lors de la guerre Iran-Irak. Elles étaient encore vivantes et criaient sous les décombres. Les islamistes, plutôt que de les secourir, ont fait recouvrir le bâtiment par les pelleteuses, pour que les voisins ne voient pas des créatures impures et indécentes apparaître.

Alors, quand je vois des chrétiens français suffisamment candides pour laisser des musulmans, dont je connais les objectifs, prendre la tête d’une manifestation, je l’avoue, mon inquiétude est grande. Croient-ils vraiment, sous prétexte que des musulmans protestent contre le mariage pour tous, ou contre la théorie du genre, qu’ils sont – comme le disait Frigide Barjot au congrès de l’UOIF – l’espérance des Français ?

Mes amis catholiques me font penser à ces gens de gauche qui, il y a 35 ans, collaboraient avec l’ayatollah Khomeiny pour faire partir le shah. La plupart ont été exécutés, quand la victoire de la Révolution islamique était assurée. Je crois savoir de quoi je parle, et la progression de l’islam que je constate, tous les jours en France – et cette banderole me le confirme —, me rappelle trop ce que j’ai vécu en Iran dans mon enfance.

J’étais justement venue en France pour ne plus connaître cela…

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