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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 09:00

Bd Voltaire

D. Cluzel

Le Figaro l’a révélé hier.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/03/05/01016-20140305ARTFIG00377-anna-la-manif-pour-tous-denonce-une-affaire-politique.php

Prendre le temps de visualiser cette vidéo

http://youtu.be/pHuJ81TPlMo

 

La police a fait pression sur une jeune fille russe de 18 ans pour qu’elle espionne les Veilleurs de Versailles, la menaçant si elle ne voulait pas coopérer de refuser sa demande de naturalisation. Une naturalisation qu’elle avait « bien du mal à obtenir », car « d’après les autorités françaises, elle n’avait pas le profil idéal », étant « militante de la Manif pour tous ».

C’est donc cela, la France terre d’accueil ? On l’ignorait : les socialistes, aussi, sont pour l’immigration choisie. Mais choisie par eux. Qui savent trier le bon grain de l’ivraie, les chances pour la France de celles qui n’en sont pas. Entre deux jeunes Slaves, par exemple, Inna plutôt qu’Anna. Une jeune Russe orthodoxe ayant réussi son bac à Versailles avec mention TB, brillante étudiante en hypokhâgne, c’est vrai que ça n’inspire pas tellement confiance. Parle-t-elle même seulement un peu français ? Dans notre pays si regardant pour les naturalisations, il est normal que la police se montre tatillonne… Et monnaye carte d’identité contre espionnage.

C’est donc cela, la démocratie à la française ? Les policiers exigent une infiltration, un rapport sur le « réseau » avec des noms, des professions. Anna refuse ? Ils la harcèlent au téléphone, la menacent de la retrouver où qu’elle aille et lui interdisent d’en parler, même à ses parents, allant jusqu’à se comparer au KGB, dont ils n’ont pas les « moyens », mais enfin… Coïncidence de date, sortait, hier aussi, le livre de Christiane Taubira Paroles de liberté, dans lequel elle porte ce jugement sans appel : les anti-mariage pour tous sont « incontestablement » des antidémocrates. Et comme disait ce brave Saint-Just, pas de démocratie pour les ennemis de la démocratie, sans doute ?

C’est donc cela, les « grandes priorités opérationnelles » des forces de l’ordre promises par Manuel Valls ? Les policiers n’ont pas seulement cherché à nier, et au ministère de l’Intérieur, on répond « qu’on n’accorde pas la nationalité à n’importe qui » (sic). Le directeur départemental de la sécurité des Yvelines ajoute qu’Anna était « en contact avec des groupes manifestant sur la voie publique » et que, dans son département, « il y a une forte mobilisation contre le mariage pour tous. C’est un vrai sujet de préoccupation […]. » Ah oui, les Veilleurs de Versailles, une cinquantaine de pères et de mères de famille assis en tailleur sur la place du Marché pour écouter en silence les propos d’un philosophe… un vrai sujet. Laissez tomber les dealers de Mantes-la-Jolie, les échauffourées de Trappes, les voitures brûlées d’Élancourt, les trafics d’armes des Mureaux, mais surtout, les gars, ne perdez pas de vue la petite, là, avec son bébé dans le kangourou. Les saintes nitouches sont les pires. Pourrait rejoindre un djihad au Vatican, on ne sait jamais. Ça, la direction de la sécurité des Yvelines sait gérer les « priorités ».

C’est donc cela, la « République irréprochable » ? Comme le dit Albéric Dumont, porte-parole de la Manif pour tous, comment être sûr que ce n’est pas la partie émergée de l’iceberg ? Combien d’autres Anna, que nul n’a réussi cette fois à convaincre de parler malgré leur peur ? Combien d’écoutes téléphoniques ? Combien d’autres dispositifs qui n’ont pas été éventés, ceux-là ?

Imaginez un instant… Imaginez un instant la même affaire, mais sous un gouvernement de droite. Anna s’appellerait Aïcha, elle serait étudiante algérienne, repérée dans une manif proche de SOS Racisme. L’indignation serait à son comble, les médias auraient oublié l’Ukraine et autres actualités mineures, le ministre de l’Intérieur aurait présenté sa démission et le président de la République ses excuses. On appellerait cela l’Aïchagate. Plus, donc, qu’à attendre l’Annagate.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 08:04

Bd Voltaire

D. Jamet

Montrée du doigt, puis mise à l’index et maintenant au piquet… Après avoir condamné l’agression sauvage perpétrée par la Russie contre l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, fermement résolus à ne pas s’y opposer par la force, compensent leur inertie dans les faits par une escalade dans les mots. Comme des parents qui discuteraient devant un enfant turbulent de la punition qu’ils lui infligeront, comme des juges qui délibéreraient en présence d’un prévenu, les dirigeants occidentaux, à commencer par un Obama qu’on aurait cru plus maître de ses nerfs, ne s’interdisent d’avance aucune riposte ni, pour commencer, aucun excès verbal face à « la pire crise du XXIe siècle en Europe ».

Boycotter les Jeux paralympiques de Sotchi, suspendre les négociations en cours sur les visas, renoncer aux préparatifs du G8 prévu en juin (toujours à Sotchi), dissoudre ce même G8, « prendre les mesures économiques et diplomatiques » qui s’imposent contre un pays qui s’est mis « du mauvais côté de l’Histoire », bloquer les avoirs de Vladimir Poutine et d’un certain nombre de hautes personnalités russes à l’étranger, réunir d’urgence un sommet qui examinera le cas du présumé coupable : l’éventail des sanctions est décidément très ouvert.

Cependant, cinq jours après l’invasion tranquille de la Crimée qui, faut-il le rappeler, n’a pas fait couler une goutte de sang, le même Poutine peut se targuer d’avoir mis le monde devant l’évidence d’un fait accompli entériné par le ralliement spectaculaire des commandants locaux de l’aviation et de la marine ukrainiennes, et surtout par l’accueil placide, favorable ou enthousiaste de la population de la péninsule. Alors que les dirigeants et les porte-parole de la révolution made in Maidan, encouragés par les supporters hystériques qui se bousculent sur le banc de touche, se disposent à opposer une résistance héroïque à l’agresseur, le président russe, satisfait d’avoir remporté la première manche, peut se payer le luxe de laisser ses troupes cantonner sur la frontière, menaçantes mais pacifiques, et depuis le début l’arme au pied.

Reste que la situation de l’Ukraine – Crimée exceptée – n’est en rien stabilisée et que les régions de l’est et du sud sont le lieu de troubles graves suscités par le triomphe de l’insurrection à Kiev, la fuite des autorités légalement constituées, la décision d’abolir le statut de deuxième langue officielle du russe, et naturellement l’immixtion de Moscou, sous prétexte de protéger ses ressortissants, dans les affaires intérieures du pays.

La seule solution raisonnable, je le répète aujourd’hui comme je le disais hier, serait donc d’organiser dans les meilleurs délais et dans les meilleures conditions un scrutin d’autodétermination de l’Ukraine. Ainsi serait-on enfin fixé sur le véritable rapport des forces et l’éventuelle partition d’un État dont la population n’a jamais eu l’occasion de dire ou de nier sa volonté d’être un seul peuple.

Ce n’est pas l’avis d’un journal comme Le Monde, qui consacrait hier une longue analyse à l’Ukraine. L’auteur de ce dossier, après avoir estimé qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter de la présence, dans le gouvernement provisoire de Kiev, de représentants de l’extrême droite nationaliste et antisémite, et s’être félicité du sursaut des oligarques ukrainiens rassemblés sous les seuls signes du patriotisme et de l’intérêt général autour du parti de Ioulia Timochenko, concluait par ces lignes à proprement parler stupéfiantes : « L’urgence est d’empêcher des référendums sur l’autonomie régionale. » Vous avez bien lu : « empêcher » et non « organiser ». Est-ce, comme en France depuis 2005, parce que si l’on donnait la parole au peuple, il serait bien capable de ne pas donner la réponse que l’on souhaite ? La liberté, la démocratie et les valeurs républicaines ont parfois de bien curieux défenseurs et suivent d’étranges détours.

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 23:08

Capture d’écran (152)

 

Découvrir la gabegie à tous les étages ;

http://1drv.ms/1i7eBW4

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 08:52

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/monseigneur-di-falco/video-monseigneur-di-falco-l-eglise-n-a-pas-a-se-meler-de-la-societe-02-03-2014-1796925_803.php

   

 

Monseigneur di Falco ouvre sa chronique en soulignant à deux reprises une phrase entendue "ici ou là" affichant que "l'Église n'a pas à se mêler de l'organisation de la société". La réaction de l'évêque de Gap et d'Embrun reste sans équivoque, il ne comprend pas et espère grâce à cette déclaration "reconquérir les coeurs" de celles et ceux qui, à la suite de sa dernière chronique, le traitent "d'agent payé par l'islam" ou de ceux qui se révoltent face à des drapeaux de la France remplacés par ceux de la Manif pour tous. "Mais de qui donc parlez-vous quand vous dites l'Église ? Comment l'avertir pour lui dire de se taire ?" questionne alors l'évêque.

Monseigneur di Falco se penche sur la définition de l'Église et ouvre les pages d'un dictionnaire dans lequel il "pense tenir une piste". Il est écrit que l'Église est "l'assemblée de citoyens et l'assemblée de tous ceux ayant la foi en Jésus-Christ". Selon cette définition, la phrase prétendant que l'Église ne doit pas se mêler de la société revient à dire que les citoyens croyant en Jésus-Christ n'ont pas à se mêler de la société ! Une phrase contradictoire qui remet en question la démocratie française en prétendant supprimer le droit de vote de celles et ceux qui appartiennent à l'Église. "Les citoyens français qui ont la foi en Jésus-Christ ne devraient-ils pas participer aux élections ?" ajoute monseigneur di Falco

 

 

 

 

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3 mars 2014 1 03 /03 /mars /2014 07:43
Bd Voltaire
Entretien avec Alain de Benoist
Phobies en tout genre et points Godwin : l’État se défend comme il peut…

Le 3 mars 2014

Entretien réalisé par Nicolas Gauthier.

Islamophobie, lepénophobie, judéophobie, homophobie, cathophobie et maintenant familiophobie… Le débat politique serait-il en train de passer de la traditionnelle confrontation d’idées à un bidule se situant entre salles d’urgence et cérémonie vaudou ?

Certains de ces termes ne veulent pas dire grand-chose. D’autres se justifient : Pierre-André Taguieff n’a pas tort de parler de « judéophobie » plutôt que d’antisémitisme, terme de toute évidence mal construit (les Arabes sont aussi des Sémites). Mais c’est un fait que, de phobie en phobie, on passe à côté de l’essentiel. Il est tout simplement faux qu’une critique dirigée vers une idéologie ou une croyance quelconque, et par extension vers ceux qui se reconnaissent en elle, soit nécessairement l’expression d’une phobie, c’est-à-dire d’une détestation systématique et irraisonnée de tout ce qui s’y apparente. On peut critiquer l’islam sans être islamophobe (ni même islamistophobe), le christianisme sans être christianophobe, les catholiques sans être cathophobe, etc. La vérité oblige cependant à dire que l’attitude phobique se rencontre aussi. On la reconnaît sans peine à l’incapacité d’admettre la complexité du réel, de tenir compte des nuances ou de faire les distinctions nécessaires. Les islamologues de comptoir, qui traitent de l’islam comme d’un tout homogène et unitaire, citent (de seconde main) les sourates du Coran comme d’autres « experts » citent les Protocoles des Sages de Sion, et dénoncent leurs contradicteurs comme des « islamo-fellateurs », « lécheurs de babouche » et « dhimmis » en puissance, rentrent dans cette catégorie, qui relève moins de la politique que du trouble obsessionnel compulsif.

Une phobie, c’est une peur irraisonnée, telle celle du vide ou des araignées. En serions-nous revenus au temps de l’URSS, quand les opposants étaient placés soit en hôpital psychiatrique, soit au Goulag ?

Nonobstant ce que je viens de dire, il est évident qu’accuser systématiquement n’importe quel contradicteur d’être phobique de quelque chose n’est qu’une manière de disqualifier son argumentation, et donc d’éviter le débat. Un certain nombre d’opinions étant par ailleurs désormais considérées comme des « délits », l’exclusion de principe des présumés cinglés et des criminels en puissance permet d’assurer à la pensée unique le monopole de la parole légitime. Mais il ne faut pas oublier non plus que la phobie est avant tout un terme médical, et que le langage médical est l’une des langues préférées de l’État thérapeutique et hygiéniste. Je mettrai cette façon de faire en rapport avec la tendance de l’idéologie dominante à « psychologiser » les problèmes auxquels les individus sont confrontés. Afin de masquer les causes politiques et sociales des diverses misères qui frappent les citoyens, on cherche à les convaincre que leurs « difficultés » renvoient à une mauvaise gestion de leurs affects, et qu’il faut avant tout traiter leur « ressenti ». Le chômage engendré par les licenciements boursiers renvoie ainsi, non au cynisme des patrons du CAC 40, mais à des « problèmes d’existence » qui trouvent leur source dans le fait de s’être mal orientés dans la vie. En d’autres termes, on reconvertit sous l’angle de la psychologie individuelle des réalités qui relèvent tout simplement de la politique, quand ce n’est pas de la lutte de classes.

Cette intrusion sémantique médicale a été précédée par des incantations relevant de l’ordre moral. « Mieux vaut perdre les élections que de perdre son âme », assurait le repris de justice Michel Noir. Du coup, on se demande qui est fou et qui ne l’est pas. Et, pis que tout, qui est en train de le devenir…

Au sens de la métaphore, la « folie » peut prendre bien des formes. Ce qui frappe dans les débats actuels, c’est la façon dont la moindre polémique entraîne maintenant une surenchère dans la montée aux extrêmes. La quenelle devient un « salut nazi inversé », le grand écrivain Richard Millet est décrété « pire que Hitler », les opposants au mariage gay sont réputés véhiculer des idées « nauséabondes » (comme si les idées avaient une odeur !), et Le Nouvel Observateur peut publier une photo d’Éric Zemmour pour illustrer une première page sobrement titrée « La haine ». L’excommunication mémorielle va de pair avec l’éternel retour des « années trente », et la distribution tous azimuts des points Godwin. On a l’impression qu’une grande partie de la nouvelle classe politico-médiatique est effectivement devenue folle au sens clinique du terme. Ces gens-là deviennent fous parce qu’ils ne sont plus en mesure d’analyser le moment historique où nous sommes, parce qu’ils n’ont plus que des références intellectuelles obsolètes, parce qu’ils ne sont plus producteurs ni de socialité ni de véritable culture. Et surtout parce qu’ils sont sur la défensive. Terrorisés à l’idée de perdre leurs positions, leurs jetons de présence et leurs privilèges, ils deviennent fous parce qu’ils savent qu’ils ont le dos au mur. C’est pour cela qu’ils traitent d’extrémistes, de fascistes et de nazis tout ceux qui les contredisent. N’ayant plus d’arguments, ils se raccrochent désespérément à ces termes qui s’usent chaque jour un peu plus – et d’autant plus vite qu’ils en font plus usage. Il y a quelque chose de tristement pathétique dans ce spectacle. Plus ils donnent dans l’hystérie, plus ils scient la branche sur laquelle ils campent. La fin d’un monde.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 08:51

Bd Voltaire

D. Jamet

Украина, флаг, желтый, синий, 3000x1500
Le 2 mars 2014
Le président Obama, si prompt à montrer du doigt la paille dans l’œil de Poutine, ne voit-il pas la poutre qui est dans le sien ?
            
         

Les derniers et dramatiques développements de la crise ukrainienne ont soudain fait remonter à la surface de ma mémoire des souvenirs vieux de plusieurs décennies.

Il y avait alors un crieur de journaux, particulièrement astucieux et facétieux, qui écumait les cafés de Montparnasse et de Saint-Germain en surprenant et en alléchant, par sa faconde, les acheteurs éventuels, et je me suis rappelé ce jour où il colportait de table en table une manchette d’autant plus sensationnelle qu’elle était entièrement de son invention : DERNIÈRE MINUTE, L’ARMÉE ROUGE ENVAHIT L’URSS !

De fait, ces dernières trente-six heures, des acteurs politiques de premier plan et des commentateurs autorisés qui n’ont pas l’excuse de devoir vendre du papier pour gagner leur vie et qui n’accompagnent pas leurs boniments du sourire ou du clin d’œil qui nous ferait comprendre qu’ils plaisantent, vont répétant, le regard sombre et la voix caverneuse, que dans cette affaire la Russie se mêle de ce qui ne la regarde pas et qu’en somme elle n’a rien à faire dans son pré carré, dont la Crimée fait pourtant si évidemment partie.

Lorsqu’en 1954, il y a donc seulement soixante ans, Nikita Khrouchtchev, premier secrétaire du Parti communiste et ukrainien de naissance, décida de rattacher la Crimée à l’Ukraine, cette décision, prise bien entendu sans la moindre consultation des intéressés, était d’ordre purement administratif puisqu’il ne s’agissait que d’inclure un territoire soviétique dans une des Républiques soviétiques.

Lorsqu’en 1991 Boris Eltsine, entre deux vodkas, décida de brader l’URSS et d’accorder leur indépendance à la quasi-totalité des Républiques jusqu’alors fédérées au sein de ce gigantesque ensemble, la Crimée resta associée à l’Ukraine. La chose se fit automatiquement et comme machinalement dans le cadre d’une dévolution aussi bâclée que le fut en son temps le passage de l’Algérie française à l’Algérie indépendante.

Cependant, eu égard au fait que la grande majorité de sa population était russophone et russophile, russe de langue et russe de cœur, la presqu’île, base traditionnelle de la flotte de la mer Noire, eut droit au statut de région autonome, avec un Parlement spécifique où le parti pro-russe des Régions remporta lors des dernières élections une écrasante majorité. C’est cette majorité qui refuse désormais, semble-t-il, le cadre dans lequel elle resterait partie intégrante d’un pays dont elle ne partage pas les orientations et dont elle souhaiterait séparer son destin pour retrouver le giron de la mère-patrie.

Non seulement la Crimée n’a pris aucune part à la « révolution », mais après l’avoir regardée avec méfiance, après avoir subi comme une brimade l’annonce de l’abandon du russe comme deuxième langue officielle de l’Ukraine, c’est sur le modèle de Maïdan, porté aux nues par l’Occident, que des individus armés ont pris le contrôle du Parlement, qu’ils ont fait « élire » comme à Kiev un gouvernement local et qu’ils ont demandé à la Russie d’assurer leur protection comme le nouveau gouvernement ukrainien qui ne tient, lui aussi, sa légitimité que de l’insurrection en appelle au soutien des puissances occidentales pour résister à la pression russe. Pourquoi ce qui est permis aux uns et leur vaut les louanges du monde entier serait-il interdit aux autres ?

Il en est autrement du reste de l’Ukraine, et il est parfaitement compréhensible que l’autorisation accordée par la Chambre haute au président russe d’employer la force armée pour y normaliser la situation, que la suggestion émise par le Conseil de la Fédération de rappeler l’ambassadeur russe à Washington et que les démonstrations de force militaires qui accompagnent et étayent ces démonstrations de volonté politique inquiètent les imprudents parrains de la « révolution » de Kiev.

La menace d’embargo, de confiscations, de poursuites judiciaires, de sanctions de tous ordres brandie par la communauté internationale, du moins par ceux qui prétendent parler en son nom, est-elle pour autant la bonne réponse ?

La grande puissance qui depuis cinquante ans multiplie les interventions extérieures, officielles ou clandestines, à travers le monde (les États-Unis pour les appeler par leur nom) est-elle qualifiée pour se faire, comme souvent, le porte-parole de la morale universelle et de la bonne conscience occidentale ?

Le président Obama, si prompt à montrer du doigt la paille dans l’œil de Poutine, ne voit-il pas la poutre qui est dans le sien ? Un pays qui s’est arrogé le droit, pendant quinze ans, d’écraser le Vietnam sous un tapis de bombes et de pesticides, d’installer ou de protéger des dictatures militaires au Guatemala, en Argentine, au Chili, au Nicaragua, à Saint-Domingue, un pays dont les interventions massives et maladroites ont déstabilisé l’ensemble du monde musulman, un pays qui a généralisé le chaos et fait tomber du ciel la mort sur l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, s’émeut à la seule idée que la Russie ait son mot à dire sur ce qui se passe chez son plus proche et son plus grand voisin.

Quelques sympathies, parfois hâtives, qu’ait pu éveiller le soulèvement d’une partie de la population ukrainienne contre un président, un gouvernement et un Parlement régulièrement élus, il faut bien admettre que le président et le gouvernement désignés par acclamation et confirmés par un Parlement terrorisé n’ont aucune légitimité. Si une révolution se produisait au Mexique, au Canada ou dans quelque autre coin de la vaste « arrière-cour » des États-Unis et installait au pouvoir un régime issu de la rue et hostile à Washington, croit-on que l’Amérique resterait sans réaction ?

Mis à part quelques boutefeux irresponsables, l’Union européenne et les États-Unis qui ont si bien encouragé, attisé, sponsorisé et peut-être même financé au nez et à la barbe de Vladimir Poutine l’insurrection ukrainienne sont-ils prêts à une confrontation armée avec la Russie ? Allons-nous vers une opération Sangaris sur les bords de la Volga ? Il est encore temps de s’aviser sur les bords du Potomac que la Russie n’est ni le Centrafrique ni la Serbie ni même l’Iran, et que chacun dans cette affaire retrouve le sang-froid que certains ont apparemment perdu.

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 08:03

            

Par Benoît Conta
Publié le 1 mars 2014 à 13h23
Mis à jour le 2 mars 2014 à 07h44

La Fifa, par l’intermédiaire du Board, a décidé d’autoriser le port du voile et du turban dans ses compétitions officielles.

La Fifa, par l’intermédiaire de l’International Football Association Board (IFAB), l’organe autorisé à modifier les règles du football, a décidé d’autoriser les joueuses de football à porter un voile ou un turban sur la tête lors des matches officiels. "Il a été décidé que les joueuses pouvaient avoir la tête couverte pour jouer", a expliqué Jérôme Valcke, le secrétaire général de la Fifa, samedi, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de la 128e assemblée générale annuelle de l’IFAB.

Pour cela, cette dernière a modifié la loi 4, sur "l’équipement des joueurs", et prévoit d’autoriser le port des couvre-chefs pour les hommes également, notamment après la demande de la communauté sikh. Le Board a officialisé ce nouveau règlement après deux ans d’essai, suite à une première décision prise en 2012, suite à une demande de Confédération asiatique de football (AFC) et du Prince Ali Bin al-Hussein de Jordanie (un des six vice-présidents de la Fifa).

La FFF opposée à cette loi

Une décision à l’époque unanimement saluée par les monarchies du Golfe, et très critiqués par les associations féministes. Avant cela, l’Iran avait d’ores et déjà porté plainte contre la Fifa en juin 2011, cette dernière ayant empêché l’équipe iranienne de disputer un match de qualification aux JO 2012 contre la Jordanie en raison de l'interdiction du voile islamique. Une interdiction qui avait court jusqu’en 2007 au nom de la neutralité religieuse, puis au prétexte des risques de blessures au cou ou à la tête pour les joueuses. Désormais, La Fifa autorise donc ce port du voile, à la seule condition qu’il ne soit pas relié au maillot, pour des raisons de sécurité.

Pour le reste, on pourra noter que la Fédération française de football s’est opposée en 2012 à ce règlement. "En ce qui concerne la participation des sélections nationales françaises dans des compétitions internationales d'une part, ainsi que l'organisation des compétitions nationales d'autre part, la Fédération française de football rappelle son souci de respecter les principes constitutionnels et législatifs de laïcité qui prévalent dans notre pays et qui figurent dans ses statuts", avait écrit la FFF, dans un communiqué. Une position confirmée à Europe 1 ce samedi. Reste à savoir si la 3F pourra faire appliquer son interdiction, lorsque le cas d’une joueuse désirant jouer avec le voile se présentera… 

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 08:23

Observatoire de l'islamisation

28/02/2014

Un conseiller municipal PS pilote le Campus islamique turc de Strasbourg

Extraits d'un article de Libération du 7 octobre 2013 de Bernadette Sauvaget "La Turquie investit dans l'islam made in France"

libeturquie.jpg"Saban Kiper, l’une des chevilles ouvrières du chantier, figure des milieux musulmans de Strasbourg et conseiller municipal socialiste."

"Pour le moment, c’est un chantier. Mais c’est surtout l’un des projets les plus ambitieux de la communauté musulmane en France. Enfin, celle d’origine turque. Pour une quinzaine de millions d’euros au bas mot, un campus franco-turc va voir le jour dès l’an prochain dans le quartier de Hautepierre à Strasbourg (...)L’ampleur et l’ambition du projet qui comprend aussi un internat ont un peu pris tout le monde de court. Et rend perplexe jusque dans les couloirs du ministère de l’Intérieur, chargé des cultes. Au départ, en 2010, il s’agissait seulement de former des imams issus des jeunes générations"

Les autorités turques, elles, n’ont pas attendu la bénédiction de Paris pour avancer leurs pions. Depuis 2010, l’association (française) qui pilote le chantier a déjà acquis quatre immeubles (de plus de 10 000 m2 de surface) à Hautepierre. Dans un proche avenir, elle devrait compléter ce patrimoine immobilier. Même si elle ne dispose pas encore des locaux, la faculté a bel et bien démarré. Une promotion d’une quinzaine d’étudiants a entamé, il y a un peu plus d’un an, le cursus de cinq ans qui sera sanctionné par un diplôme de la faculté de théologie d’Istanbul. En apprenant l’arabe. «C’est indispensable pour le cursus, car l’essentiel du corpus est dans cette langue», explique Fazli Arabaci, le futur doyen, envoyé par Ankara pour superviser l’affaire. Dès la rentrée prochaine, deux classes de seconde seront ouvertes, les prémices d’un vrai lycée musulman, un peu à la manière des imam hatip turcs, les établissements scolaires religieux dont est issu le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan"

Comme l’Algérie et le Maroc, la Turquie envoie et rémunère des imams en France, 150 actuellement, pour une durée de quatre ans. Ce nombre ne couvre pas tous les besoins. Le ministère des Affaires islamiques, le Diyanet, contrôle, en effet, 250 mosquées sur les 400 lieux de culte de la diaspora turque en France.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:53
Bd Voltaire

Gabrielle Cluzel

entree-des-artistes-517
Le 27 février 2014
             

Allez hop, c’est reparti comme en 2003, les intermittents sont à nouveau dans la rue. On va voir ce qu’on va voir. Le MEDEF a dit vouloir aligner le régime spécial des intermittents du spectacle sur le régime général, mettre un terme à un système d’indemnisation par trop généreux. C’est dégueulasse. Aurélie Filippetti a immédiatement répliqué avec la finesse, la mesure et l’argumentaire habituels : « Le MEDEF veut tuer la culture. » Dit autrement, quand le MEDEF entend le mot « Kultur », il sort son revolver. Nous voilà pour ainsi dire renvoyés aux heures les plus sombres de notre histoire, comme à chaque fois que quelqu’un s’avise de remettre en cause un deux poids deux mesures dans ce pays.

Non, mais, oh ! Z’êtes pas bien dans votre tête ? Otez vos sales pattes des dernières pépinières socialistes que l’on garde bien au chaud dans la serre, que l’on arrose amoureusement, et que l’on berce tendrement le soir. La prochaine moisson électorale sera assez mauvaise comme ça, manquerait plus qu’en sus les intermittents du spectacle mettent les bouts.

Alors évidemment, il y a les chiffres. Les chiffres que même un élève moyen de CM2 trouverait curieux : les intermittents du spectacle, c’est 1/3 du déficit de l’UNEDIC… pour 3 % des demandeurs d’emploi. Avec toute la sympathie que l’on peut éprouver pour l’univers du spectacle, la compréhension que l’on peut avoir pour ces professions – par essence – instables… il faut peut-être faire quelque chose ? Quelque chose de plus juste pour tous les Français qui, eu égard à l’instabilité économique, deviennent eux aussi des intermittents du travail, même si leur travail à eux n’est ni spectaculaire ni sous la lumière des spots. Pour tous les Français du secteur privé dont les laborieuses cotisations chômage viennent, à leur corps défendant, cofinancer structurellement le programme culturel du gouvernement, des boîtes de production riches à millions qui ont ainsi construit leur empire, des médias florissants usant « d’intermittents permanents » pour des postes on ne peut plus pérennes et des professionnels, aussi, du « travailler moins pour gagner plus » pour lesquels l’intermittence est devenue une forme ordinaire de congés payés.

Mais vous savez comme, ces derniers temps, en haut lieu, on est fâché avec les chiffres. Chiffres du chômage, des manifestants, des sondages… Ils véhiculent une vérité qui s’impose à vous et contre laquelle on ne peut rien, toute réactionnaire. Comme si l’arithmétique était devenue une valeur de droite. Alors, on leur fait le coup du mépris, on leur tourne le dos. Et surtout on gueule très fort. Ce que les manifestants indignés contre le MEDEF savent très bien faire, puisque le spectacle, n’est-ce pas, c’est leur métier. Mais que sait, aussi, très bien faire le gouvernement, le spectacle étant aussi son métier. Un spectacle qui tend à s’essouffler cependant, mettant toute l’équipe en situation précaire. Et l’on comprend l’empathie d’Aurélie Filippetti pour les intermittents du spectacle. L’approche des élections, cela sonne un peu comme la fin de tournage du film.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 08:39

Bd Voltaire

Paul Véglio

 

J’évoque à nouveau Agnès de La Barre de Nanteuil, ardente patriote, chrétienne exemplaire, chef scout et authentique résistante qui fut (entre autres) officier du deuxième bureau de l’état-major départemental de l’Armée secrète. Tuée en 1944 dans un train de déportés, elle avait 22 ans.

Je suis bien d’accord avec l’un des articles de Dominique Jamet : « La part accordée aux femmes sous les voûtes du temple laïque dédié à toutes nos gloires est pour le moins inéquitable… » On devrait en effet y trouver des héroïnes très remarquables. Agnès, par exemple. Elle était résistante (et quelle vraie résistante !) mais comme elle n’était pas communiste, elle n’eut pas droit à une station de métro à son nom, contrairement au malheureux Guy Môquet, qui eut le malheur de se faire prendre en distribuant un tract communiste, se retrouva interné à Châteaubriant et fut le plus jeune des quarante-huit otages fusillés en octobre 1941.

Et pourtant…

Agnès, d’une famille de vieille noblesse normande, royaliste et très pieuse, fut professeur d’anglais, se dévouant aux autres. D’une grande force de caractère, cette belle et grande jeune fille, simple et très élégante, s’engagea au sein de différents mouvements de jeunesse comme cheftaine de louveteaux.

Après le désastre de 1940, son père puis sa mère s’engagèrent dans la résistance. L’année suivante, Agnès participa à une filière d’accueil et d’évasion d’aviateurs anglais créée par sa mère Sabine et procura de faux papiers aux réfractaires du STO. Elles contribuèrent à faire passer en Espagne une trentaine d’aviateurs alliés. Avec sa sœur cadette, Catherine, elle devint agent de liaison du réseau Libé-Nord et travailla également pour le deuxième bureau de l’état-major de l’Armée secrète en Bretagne comme sous-lieutenant. Elle avait 20 ans.

Le 13 mars 1944, elle effectua le balisage d’un terrain de largage de matériel pour le maquis mais fut arrêtée à son retour par le SD (service de sécurité allemand) et remise à la Gestapo de Rennes. Sa sœur Catherine fut arrêtée peu après.

Torturée, elle se tut pendant les premiers jours, ne cédant rien pour permettre à ses compagnons de se mettre à l’abri et fut déportée trois mois plus tard dans le dernier convoi au départ pour l’Allemagne. Dans ce convoi de 2.000 personnes, attaqué par des chasseurs alliés, Agnès fut blessée. Elle mourut peu après des suites de cette blessure, à l’âge de 22 ans, en gare de Paray-le-Monial, mais eut le temps de dicter un mot pour les siens avant d’expirer : « Je donne ma vie pour mon Dieu et ma patrie… j’ai été dénoncée, mais j’ai pardonné… »

En réalité, Agnès avait été blessée par un soldat allemand qui craignait que les détenues ne s’enfuient. Gravement touchée au ventre, elle fut rechargée dans son wagon dévasté et brinqueballée de gare en gare jusqu’à Saint-Pierre-des-Corps (Indre-et-Loire) et Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) où elle fut enfin pansée malgré l’opposition des SS, puis rechargée sur une civière et mise dans un wagon surchauffé et sans eau. Sans se plaindre, elle survécut encore trois jours avant de succomber d’une gangrène.

Ses compagnes d’infortune, certaines membres des jeunesses communistes, prièrent et la veillèrent « comme une sainte au beau visage », dirent-elles par la suite, puis la remirent aux autorités civiles de Paray où elle fut provisoirement ensevelie, entourée de guides et cheftaines scoutes qui assistaient la Croix-Rouge sur place et qui furent prévenues de son décès.

En 1947, de Gaulle lui décerna la médaille de la Résistance à titre posthume. En 1951, ce sera la Légion d’honneur. Sa mère et ses autres enfants seront aussi décorés par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni. En Bretagne, plusieurs rues portent son nom et plusieurs unités scoutes aussi, mais aucune école publique puisqu’elle n’était pas une résistante communiste ou athée. Pour moi, elle aurait du être béatifiée par l’Église.

À défaut, en 2002, Agnès sera faite marraine de la XXVIe promotion de l’École militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan. Elle est, avec Jeanne d’Arc, la seule femme à avoir donné son nom à une promotion de cette prestigieuse école d’officiers.

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Published by voxpop - dans La France en résistance

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J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,

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