LE MONDE | 23.01.2014 à 11h28 • Mis à jour le 23.01.2014 à 18h32 | Par Laurent Borredon
LE MONDE | 23.01.2014 à 11h28 • Mis à jour le 23.01.2014 à 18h32 | Par Laurent Borredon
Le Point.fr
Avant la fin du mois, Manuel Valls présentera un bilan de sa politique d'immigration. Mais le débat est déjà ouvert avec les révélations jeudi matin par Le Figaro de chiffres issus du logiciel de la police aux frontières. Car, selon le quotidien, en matière de lutte contre les sans-papiers, le gouvernement aurait nettement levé le pied par rapport à 2012. "Régularisation en hausse, expulsions en baisse", titre le quotidien qui souligne que les éloignements forcés seraient passés de 1 850 en moyenne chaque mois en 2012, à 1 750 en 2013, soit un écart annuel d'un millier.
Des chiffres que conteste le ministère de l'Intérieur : selon lui, quelque 21 000 étrangers en situation irrégulière ont été visés par un "éloignement contraint" en 2013. "Le chiffre des retours dits contraints en métropole en 2013 sera supérieur au chiffre constaté en 2007, 2008, 2009, 2010, 2011", souligne le communiqué du ministère.
Une bataille de chiffres qui, selon le ministère, tient à la manipulation du cabinet précédent : en 2012, le nombre total des expulsions avait atteint un record de plus de 36 000. Toutefois, ce chiffre englobait les "éloignements contraints" et les "éloignements aidés" essentiellement de Roms roumains et bulgares. "Les statistiques de l'éloignement entre 2008 et 2012 ont été artificiellement gonflées - dans le cadre de la politique du chiffre - notamment par la prise en compte du retour subventionné de ressortissants de l'Union européenne", peut-on lire dans le communiqué.
Or, Manuel Valls a fortement réduit les "aides au retour", versées aux étrangers et notamment aux Roms qui acceptent de rentrer dans leur pays, depuis le 1er février 2013. "Ces retours aidés, près de 8 500 en 2012, n'étaient d'aucune efficacité en matière de gestion des flux migratoires" et "incitaient ces ressortissants à venir en France pour bénéficier de cet avantage lucratif, coûteux pour les finances publiques et inédit en Europe", plaide l'Intérieur.
En matière de régularisation de sans-papiers, le ministère ne réagit pas aux affirmations du Figaro qui affirme que 46 000 cartes de séjour ont été distribuées en 2013, soit une hausse de 30 % par rapport à 2012. Selon le député UMP Guillaume Larrivé cité par le quotidien, cette hausse est la traduction directe de la circulaire de Manuel Valls du 28 novembre 2012 qui clarifiait les critères de régularisation. Une circulaire qui, selon lui, aurait créé un "appel d'air". L'Intérieur réplique en mettant en avant que plus de 200 filières d'immigration clandestine ont été démantelées en 2013, soit une hausse de 14 %.
Manuel Valls agace prodigieusement Marine Le Pen. La patronne du FN s'est livrée, jeudi matin sur BFM TV, à une diatribe virulente contre le ministre de l'Intérieur, coupable à ses yeux de deux méfaits majeurs : être impuissant face à la délinquance et mener campagne contre le FN avec les moyens du ministère de l'Intérieur.
"On ne peut pas tout faire, hein ! Aller soutenir les candidats du PS et faire baisser la délinquance", s'est exclamé Mme Le Pen, qui pointe d'abord l'envolée des cambriolages : un "délit" qui entraîne de graves souffrances psychologiques, c'est le viol de l'intimité", a-t-elle déploré. Puis d'accuser la politique de Valls en matière d'immigration et de répression : "L'ouverture totale des frontières en France a entraîné l'arrivée de mafias, de réseaux étrangers (...) Ça fait des années qu'on adapte le nombre de personnes qui sont condamnées au nombre de places de prison", au lieu de faire le contraire.
Mais le pire est à venir aux yeux de Marine Le Pen qui égrène le nom des villes où s'est rendu dernièrement le ministre de l'Intérieur : Forbach (où la tête de liste FN est le vice-président du parti Florian Philippot) Sorgues ou encore Carpentras. Dimanche, le ministre de l'Intérieur sera à Hénin-Beaumont, où un autre ténor du Front, Steeve Briois, se présente et a des chances de l'emporter.
Une ultime provocation pour la présidente du FN qui, questionnée sur le nombre de villes qu'elle espère enlever aux municipales, explose : "Vous savez quoi ? Suivez Valls. Il fait la tournée des villes qu'on va gagner. (...) C'est un scandale !" D'autant que, pointe Marine Le Pen, "il est le ministre des élections et qu'on attendrait de lui de l'"impartialité".
Décidément très remontée, la présidente du FN fait également de Manuel Valls un épouvantail pour les libertés publiques, ce qui de la part du parti d'extrême droite ne manque pas de piquant. "Il veut limiter la liberté sur Internet, sur Twitter, ceci fait de cet homme un adversaire des libertés publiques, un adversaire de la démocratie et un homme éminemment inquiétant", lance la patronne du FN, évoquant notamment l'affaire Dieudonné.
LONDRES (Reuters) - Le secteur privé de la zone euro a débuté 2014 sur un rythme plus élevé que prévu, avec pour seul point noir la France qui reste en contraction en janvier pour le troisième mois consécutif, selon l'enquête mensuelle de Markit publiée jeudi.
L'indice PMI composite, établi à partir des réponses de milliers d'entreprises de la zone euro et considéré comme un bon baromètre de l'activité, a atteint 53,2 dans sa version préliminaire de janvier contre 52,1 en décembre, dépassant le consensus établi par Reuters qui était de 52,4.
À son plus haut depuis la mi-2011, il s'inscrit ainsi pour le septième mois consécutif au-dessus de la barre de 50 à partir de laquelle il rend compte d'une croissance.
L'indice du secteur des services a progressé à 51,9 contre 51,0, à comparer à un consensus de 51,4, et celui du secteur manufacturier a atteint 53,9, un plus haut de 32 mois, contre 52,7 en décembre - dépassant les estimations des 39 économistes interrogés par Reuters.
"La reprise de l'Eurozone continue de s'intensifier en janvier. La hausse de l'indice PMI permet de miser sur une croissance du PIB de la région de l'ordre de 0,4% à 0,5% au premier trimestre", a déclaré Chris Williamson, chef économiste à Markit.
Une enquête Reuters publiée la semaine dernière donnait une prévision de croissance de 0,2% pour la zone euro sur les trois premiers mois de l'année.
L'ÉCART FRANCE-ALLEMAGNE TOUJOURS PRÉOCCUPANT
Pour autant, les indices préliminaires de Markit montrent que si la croissance accélère en Allemagne, à l'instar des pays dits de la périphérie, l'activité continue de se contracter en France, même à un rythme moindre et plus modéré que prévu.
"Tandis que l'Allemagne mène l'expansion de la zone euro, la France pourrait continuer à freiner la reprise de la région au cours des mois à venir", a noté Chris Williamson.
L'indice PMI composite de la France, repassé en novembre sous la barre de 50, est ressorti à 48,5 en janvier contre 47,3 en décembre. L'indice du secteur des services est remonté à 48,6 contre 47,8, et celui du secteur manufacturier à 48,8 contre 47,0, dépassant dans les deux cas le consensus établi par Reuters.
Pour Chris Williamson, les chefs d'entreprises français restent inquiets pour les mois à venir. "Ils s'inquiètent de la situation politique, du manque de réformes et des moyens par lesquels le gouvernement veut relancer l'économie", a-t-il dit à Reuters.
En Allemagne, l'indice Flash PMI composite a atteint 55,9 contre 55,0 en décembre, marquant un neuvième mois de croissance pour le secteur privé.
L'indice du secteur manufacturier a grimpé à un plus haut depuis mai 2011 de 56,3, contre 54,3 en décembre, alors que l'indice des services n'a que légèrement progressé à 53,6 contre 53,5.
Selon Chris Williamson, ces données laissent espérer une croissance de 0,6% ou 0,7% en Allemagne au premier trimestre, menée par le secteur manufacturier en plein essor.
"La croissance trimestrielle allemande devrait compenser l'état stationnaire de l'économie française", a-t-il relevé.
Même si elle s'intensifie, la reprise dans la zone euro reste fragile, note encore Markit. Les entreprises ont globalement continué de réduire leurs effectifs et les prix de vente ont encore baissé sous l'effet d'une demande toujours faible, alimentant les craintes de pressions déflationnistes.
Un point encourageant en revanche a été les entrées de commandes, en hausse pour le sixième mois d'affilée avec un sous-indice en progression à 52,2, égalant le plus haut de 30 mois atteint en décembre et de bon augure pour l'activité en février.
L'enquête de Markit a été réalisée à partir de données recueillies du 13 au 22 janvier. Les indices définitifs seront publiés le 3 février pour le secteur manufacturier et le 5 février pour les services et le composite.
Véronique Tison pour le service français
Amène la flèche sur le département de ton choix, puis sur la circonscription et enfin sur le canton. Le nom du député s'affiche alors.
Clique sur son nom (il est enregistré par ordre alphabétique), tu verras sa photo et ensuite tu pourras voir son activité à l'Assemblée Nationale.
C'est très intéressant et édifiant ! C'est pas triste pour certains !
Clic ici => http://www.nosdeputes.fr/
Bd Voltaire
Marie Delarue
Quatre réunions entre « partenaires sociaux » pour régler le déficit de l’assurance chômage : 40 milliards ou presque à éponger à l’horizon 2017. En quatre fois : 28 janvier, 13 et 27 février, 13 mars. M’étonnerait que ça suffise…
Le déficit de l’UNEDIC est un serpent de mer. Toujours dénoncé, jamais résorbé. Et pour cause : pas question de s’attaquer aux vrais problèmes, c’est-à-dire aux « branches » pourries qui mettent le système en péril.
En effet, à la base d’un régime qui se prétend fondé sur la solidarité, on trouve l’éternelle maladie française : une répartition des charges – ceux qui cotisent – et des profits – ceux qui sont indemnisés – scandaleusement inéquitable.
La dette cumulée du régime atteint actuellement 17,8 milliards d’euros. Si les règles demeurent inchangées, et en se basant sur les prévisions de croissance auxquelles l’ensemble des économistes s’accordent (0,8 % en 2014, puis 1,1 %, 1,4 % et 1,6 % les trois années suivantes), le déficit continuerait à « se creuser de près de 5 milliards par an, pour atteindre 37,8 milliards fin 2017 », lit-on dans Les Échos.
« C’est intenable, la dette deviendrait même supérieure aux recettes », a déclaré Jean-François Pilliard, du MEDEF. À quoi les syndicats répondent que le mirifique « pacte de responsabilité » lancé par François Hollande arrangera cela et même mieux : « Le déficit est conjoncturel, pas structurel. À ce stade, il faut l’assumer collectivement », disent la CFDT et FO. Pour la CGT, dont on connaît les talents à sauver l’emploi : « On fait le pari de la reprise. » Et tous en chœur d’assurer : « Si le MEDEF crée, comme promis, 1 million d’emplois avec le “pacte de responsabilité”, il n’y aura plus de déficit ! » Bref, yaka… vocabulaire de la pensée magique.
« On dirait que je serais votre singe et que j’aurais pondu un œuf », disait mon petit cousin en entrant dans la ronde. Merveilleux imaginaire des enfants qui jouent à « on dirait que tu serais ». Et merveilleux imaginaire des syndicats et des politiques qui feignent de croire que la France vit sous le climat du miracle quotidien, pays béni des Dieux où les déficits se comblent à l’eau de rose.
« Assumer collectivement » : la voilà, la supercherie. Il n’y a rien de collectif là-dedans. Pour faire simple : les CDI banquent pour les autres, particulièrement pour les intérimaires, les précaires et surtout les intermittents du spectacle dont le régime spécifique enfonce depuis dix ans l’UNEDIC (1 milliard de déficit annuel pour cette seule branche). Les chiffres sont parlants. Intermittents : 240 millions de cotisations versées, 1,2 milliard d’allocations perçues. C’est 5 fois plus. Les CDD touchent 3,6 fois plus qu’ils ne versent, les intérimaires 2,5, et les CDI… moitié moins ! Le solde cotisations-allocations des salariés en CDI atteignait, en 2012, + 11 milliards d’euros.
Maintes fois dénoncé par la Cour des comptes, le régime outrageusement privilégié des intermittents (trois mois et demi de travail ouvrent droit à huit mois d’indemnisation) doit absolument être réformé. « Tout indique pourtant qu’il n’en sera rien [...] On est parti pour ne pas y toucher », disent en chœur politiques et syndicats.
Et ce n’est pas la nouvelle Julie du président qui le poussera à prendre de front une profession traditionnellement acquise à la gauche.
Bonjour .... !
François Hollande a votre soutien et celui des catholiques français. En particulier pour sa politique familiale.
C'est une blague ? Non, c'est ce que que le chef de l'Etat va tenter de faire croire au Pape François ce vendredi.
Cautionnez-vous cette aberration ? Bien sûr que non ! Alors, réagissez dès maintenant et signez la lettre ouverte au Saint Père.
http://www.citizengo.org/fr/2663-visite-f-hollande-au-vatican-lettre-ouverte-au-pape
Il y a six mois, le gouvernement socialiste a ouvert le mariage et l'adoption aux « couples » homosexuels. A présent il banalise l'avortement et prépare l'euthanasie. Votre opposition à cette politique désastreuse a été méprisée ! Mais ce n'est apparemment pas suffisant pour François Hollande...
Ce vendredi, le Président poussera le cynisme jusqu'à demander une absolution sans repentir auprès du Pape !
La manœuvre est grossière et vous n'êtes pas dupe : profondément rejeté par les Français, M. Hollande veut profiter de la popularité du Pape François en s'affichant à ses côtés !
Pour empêcher que cette nouvelle mascarade hollandienne s'effectue en leur nom, plus de 100 000 français ont déjà signé une lettre ouverte au Pape François. Ce record a été établis en moins d'une semaine !
Il vous reste 48h pour amplifier le mouvement ! François Hollande ne peut pas vous mépriser à Paris et parler en votre nom à Rome !
Signez la lettre ouverte au Pape François ici : http://www.citizengo.org/fr/2663-visite-f-hollande-au-vatican-lettre-ouverte-au-pape
Merci pour votre collaboration ! Bien cordialemen
Catherine GOYARD
Présidente d'Avenir de la Culture
Le nombre de cambriolages, de résidences secondaires notamment, et de vols a continué d'augmenter en France en 2013 comme en 2012, celui des homicides variant selon les endroits, a relevé jeudi l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).
Ce bilan chiffré de la délinquance doit être commenté jeudi après-midi par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui dressera par ailleurs ses perspectives pour 2014.
En 2013, par rapport à 2012, selon le bilan annuel de l'ONDRP -- l'organisme livrant les statistiques de la police et de la gendarmerie -- il y a eu une hausse de 6,4% des cambriolages en zone (urbaine) de la police et + 4,7% en zone (rurale) de la gendarmerie. Ceux ayant visé les habitations principales ont respectivement augmenté, dans ces mêmes zones, de 7% et de 1,3%. Ceux des résidences secondaires de 10% et 17,7%.
La hausse des cambriolages était déjà très importante en 2012 et était une priorité de M. Valls en 2013. Il avait lancé un vaste plan afin de lutter contre ce phénomène perpétré, selon les forces de l'ordre, par des gangs organisés venus souvent des pays de l'Est. Les hausses sont cependant parfois moins importantes qu'en 2012, selon ces chiffres.
Les homicides volontaires, qui avaient diminué en 2012, sont toujours orientés à la baisse en zone police (- 4,2%) mais en hausse en zone gendarmerie (+ 14,9%). Le taux d'homicide est "le plus élevé" en France métropolitaine dans le département des Bouches-du-Rhône avec chaque année, entre 2008 et 2013, une moyenne de 50 homicides dont 18 règlements de comptes entre malfaiteurs.
En 2013, il y a eu 51 règlements de comptes en France contre 63 en 2012, selon ce même bilan.
Les violences aux personnes, point noir de la délinquance il y a quelques années, sont en stagnation ( + 0,9% en zone police, + 5,7% en zone gendarmerie, beaucoup moins qu'en 2012).
Les vols à main armée sont en diminution pour la quatrième année consécutive (- 0,3% pour la police, - 6% pour la gendarmerie) dans des taux moindres qu'en 2012.
Les vols sans violence en revanche sont en hausse de 4%. Dans cette catégorie ceux dits "à la tire" augmentent entre + 11% à + 12% que ce soit dans les villes ou les campagnes.
L'ONDRP distingue depuis plus d'un an les chiffres de la gendarmerie de ceux de la police en raison d'un recueil et de traitement des statistiques qu'il juge faussé, la gendarmerie ayant mis en oeuvre un
Christian Vanneste
Le Monde.fr | 21.01.2014 à 07h17 • Mis à jour le 21.01.2014 à 12h37 | Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon Brice Teinturier, le directeur général délégué de l'institut d'études Ipsos, le 23 mars 2011 à Paris. | AFP/PATRICK KOVARIK
Directeur général délégué d'Ipsos, Brice Teinturier commente les principaux résultats de la deuxième vague de l'enquête annuelle « Fractures françaises » ; un sondage Ipsos-Steria pour Le Monde, France Inter, la Fondation Jean Jaurès et le Cevipof, réalisé par internet du 8 au 14 janvier, auprès de 1 005 personnes.
Quels sont les principaux enseignements de votre sondage sur les « fractures françaises » ?
Il y a d'abord des confirmations. Par exemple, sur la demande d'ordre et d'autorité, toujours très élevée. Sur la défiance également, à l'égard d'autrui et du monde extérieur mais aussi du système politique et médiatique. Ou enfin, sur l'hostilité à l'égard des étrangers et de l'islam, toujours très forte. Et puis il y a, et c'est le deuxième enseignement, des évolutions.
Les attitudes à l'égard de l'Europe évoluent également : le désir d'un renforcement des pouvoirs de décision nationaux au détriment de l'échelon européen progresse ; le souhait de sortir de l'euro également, qui touche maintenant 33 % des Français. Le sentiment enfin que l'appartenance à l'Union Européenne est une bonne chose est tout juste majoritaire (55 %).
Lire aussi (édition abonnés) : Une société française défiante et repliée sur elle-même
Le Front national s'est-il banalisé ?
Brice Teinturier : Dans un tel contexte de demande d'autorité et de défiance vis-à-vis de la sphère politique, le FN séduit un tiers des Français, qui estiment qu'il incarne une alternative politique crédible au niveau national (34 %), qu'il propose des solutions réalistes (34 %) et qu'il est proche de leurs préoccupations (32 %). Et ces chiffres sont plutôt de 40 % chez les ouvriers et les sympathisants de l'UMP.
Enfin, seul un Français sur deux considère que ce parti est un danger pour la démocratie. Le FN fait donc incontestablement moins peur qu'auparavant, même s'il reste un parti à part, dont la crédibilité est encore largement minoritaire.
Lire aussi : Une droitisation des esprits qui témoigne de l'influence du FN
Le clivage selon le milieu socioprofessionnel n'a-t-il pas pris davantage d'importance ?
C'est un des enseignements de l'enquête. Nous l'avions initialement dénommée « les fractures françaises ». Eh bien précisément, le fossé, déjà important l'an dernier, s'accroît entre les milieux populaires et les cadres. Qu'il s'agisse de la demande d'ordre et d'autorité, du rapport à la mondialisation, de l'Europe, du rapport au système politique, les différences d'appréciation sont de plus en plus massives, comme si ces populations n'habitaient pas dans le même pays et ne vivaient fondamentalement pas les mêmes choses.
On mesure ici l'impact du chômage et des plans sociaux, mais aussi d'un pouvoir d'achat en berne ; le sentiment que l'alternance ne produit pas d'effets tangibles accentue le désespoir de ces catégories et des attitudes de plus en plus marquées contre « le système ».
Le tableau dressé par votre enquête est particulièrement sombre...
Oui, c'est un tableau extrêmement inquiétant d'une France qui s'enfonce de plus en plus dans l'angoisse et le pessimisme, mais aussi qui se fragmente. En revanche, deux points plus positifs sont à relever : d'abord, dans un contexte d'hostilité toujours très grande à l'égard de l'islam, on observe malgré tout une légère décrispation, sans doute due au fait que cette religion est moins au centre des débats que l'an dernier à la même époque, moins hystérisée.
Ensuite, nous avons raffiné notre indicateur sur le déclin perçu de la France. Or, si 85 % des Français estiment que notre pays est en déclin, 65 % pensent que ce n'est pas irréversible. L'espoir d'un redressement possible est donc malgré tout présent...
Qu'est-ce que ces résultats peuvent laisser présager pour les prochains scrutins ?
Les élections municipales obéissent à des logiques qui interdisent de leur transposer les résultats de cette enquête. S'agissant des européennes, on peut malgré tout constater que jamais le climat n'a été à ce point critique, voire hostile à l'égard de l'Europe et donc, aux partis de gouvernement qui la soutiennent.
Quel sens donnez-vous à la forte adhésion manifestée à des valeurs du passé ?
Il s'agit à mon avis d'un phénomène central. On assiste à la montée en puissance d'une nostalgie qui se traduit par le sentiment profond qu'« avant, c'était mieux ». Ce sentiment est encore plus fort chez les moins de 35 ans que chez les plus de 60 ans. Ce n'est donc pas « un truc de vieux » mais un phénomène central, qui renvoie au besoin de repères et au sentiment qu'« on est plus chez soi en France ».
Cette re et survalorisation de la tradition s'inscrit dans la contestation de Mai-68 et d'un individu autonome et producteur de ses propres normes fortement initiée par Nicolas Sarkozy. Elle a joué à plein dans la contestation du mariage pour tous.
CHOISIR
LA FRANCE
J'ai plus envie de me croire à Kaboul dans ma ville,
J'ai plus envie de l'incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d'ambition comme profession de foi.
J'ai plus envie de relativiser. >>>>